
Le 28 octobre dernier, Développement économique Nouvelle-Beauce et près de 300 représentants du secteur manufacturier se sont rassemblés à l’Assemblée nationale du Québec dans le cadre des consultations publiques sur la planification pluriannuelle de l’immigration 2026-2029.
L’objectif était de réclamer des mesures concrètes pour assurer la stabilité et la reconnaissance des travailleurs étrangers temporaires (TET). Nous avons voulu rappeler que le développement économique du Québec dépend de la pérennité de ses entreprises manufacturières et de la valorisation de ceux qui y contribuent au quotidien.
Par cette mobilisation, nous voulions souligner que ces travailleurs sont essentiels au maintien de la production dans plusieurs régions, notamment en Chaudière-Appalaches, au Saguenay–Lac-Saint-Jean et au Bas-Saint-Laurent, où environ 11 000 travailleurs étrangers temporaires œuvrent actuellement.
Nous craignons que par leur départ, provoqué par les restrictions fédérales et la rigidité administrative du Québec, cela mette en péril plus de 1700 travailleurs étrangers temporaires, 1600 emplois québécois et plus de 250 millions de dollars de contrats, et ce, à court terme.
Nous avons formulé des demandes précises au gouvernement provincial : accélérer l’accès à la résidence permanente pour les travailleurs déjà établis, francisés et intégrés au Québec; adapter la règlementation aux réalités distinctes des régions; améliorer la coordination entre Québec et Ottawa, et enfin, reconnaître pleinement la contribution économique de ces travailleurs.
M. André A. Morin, porte-parole de l’opposition officielle en matière d’immigration, a joint sa voix à celle des manifestants lors d’un point de presse. Il a ouvertement critiqué ce qu’il qualifie d’improvisation de la part du gouvernement caquiste et a plaidé pour une régionalisation de la planification de l’immigration.
Modifications législatives
Certains changements importants auront lieu dans les prochains mois. En plus de la réduction globale des cibles annuelles de résidents temporaires et permanents, certains points viennent directement toucher nos travailleurs étrangers temporaires.
Pour commencer, c’est la fin du PEQ. Le Programme de l’Expérience Québécoise, qui était une voie d’accès rapide et efficace à la résidence permanente pour tous les travailleurs spécialisés, a été officiellement fermé, laissant le PSTQ être la seule porte ouverte vers l’immigration économique au Québec. Ce programme, qui fonctionne par système de pointage et tirage, est très restrictif quant à la localisation du travailleur.
Un autre changement annoncé concerne la francisation. Bien que le projet ait été proposé il y a plus de 2 ans, il entrera finalement en vigueur cette année. En résumé, les travailleurs ayant séjourné au Québec pour plus de 3 ans, de façon consécutive OU cumulative, devront avoir un niveau 4 en français oral afin de pouvoir renouveler leur certificat d’acceptation du Québec (CAQ). Ceci s’appliquera aussi aux travailleurs saisonniers. Il est toutefois indiqué sur le site web d’Immigration Québec qu’un délai de grâce s’appliquera pour les TET déjà au Québec et que les vérifications ne commenceront qu’en décembre 2028.
Des précisions suivront sans doute dans les prochaines semaines de la part des différentes instances gouvernementales.
